Criton – 1949-08-13 – Le Nouveau Serment de Strasbourg

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Le Courrier d’Aix – 1949-08-13 – La Vie Internationale.

 

Le Nouveau Serment de Strasbourg

 

Deux événements saillants cette semaine : l’ouverture du parlement européen à Strasbourg et la publication par Acheson d’un livre blanc sur la politique américaine en Chine. En coulisse, les mauvaises langues se sont entretenues des différends entre l’Etat-Major français et anglais après la visite des généraux américains et des soupçons de pro soviétisme qui pèsent sur Trygve Lie, le président de l’O.N.U. à l’occasion de son discours de Bergen. Faits d’importance inégale. Seul le problème chinois a un caractère aigu de portée mondiale, le reste alimente les conversations de vacances.

 

Le Parlement de Strasbourg

Nous avons souligné à plusieurs reprises le paradoxe qui consiste à créer des organismes destinés à promouvoir l’unité européenne sur les divers plans économiques, politique et culturels, alors que l’évolution des faits dérive en sens contraire.

Nationalismes et particularismes européens éclatent dans tous les domaines et à chaque occasion, même les plus futiles, que ce soit à propos du passage d’une course cycliste, d’élections comme celles qui vont avoir lieu dimanche en Allemagne, des programmes de défense commune comme aux réunions militaires de Fontainebleau, ou encore et surtout autour des tables de l’O.C.E., où l’on se dispute les avantages du Plan Marshall ; partout les égoïsmes nationaux s’affirment  avec passion. Devant ces polémiques, on jette le voile de l’espérance. On invite l’avenir à démentir le présent, et comme on admet que la route sera longue, voilà pour bien des gens de bonnes prébendes assurées.

Il y a à Strasbourg deux attitudes principales. Celle de la France et de la Belgique idéalistes par tempérament, et qui pensent que de fortes raisons politiques et géographiques doivent donner à ces deux pas unis la direction d’une fédération européenne future, celle de l’Angleterre au contraire retenue par sa position insulaire et ses liens avec les Dominions, qui fait tout son possible pour maintenir l’Europe dans sa dispersion présente. Ce sont là des réflexes séculaires qui résistent à tous les cataclysmes et qui résisteront même aux raisons de l’intérêt bien entendu. Car la politique britannique qui se flatte d’être empiriste a été dominée à travers les siècles par les plus solides préjugés.

Dans ces conditions, le parlement de Strasbourg s’ouvre comme l’O.N.U. et feue la Société des Nations. Forum pour les plaidoyers intéressés. Jusqu’à preuve du contraire on doit craindre qu’il en sorte plus de division que de solidarité. Il y a à cela une autre raison que psychologique ; les grands mouvements vers l’unité ne peuvent s’affirmer que sous la menace d’un péril mortel et immédiat ou bien dans une période d’euphorie et de prospérité générale. La première condition n’est heureusement pas tout à fait remplie et la seconde hélas, encore moins.

L’assemblée de Strasbourg s’ouvre d’ailleurs au moment où l’idée européenne est en recul sur le plan politique, parce que l’idée d’une troisième force qui tiendrait la balance entre les U.S.A. et la Russie Soviétique est aujourd’hui abandonnée.

La situation précaire des finances, l’effritement des empires coloniaux, la faiblesse militaire des partenaires européens leur enlève toute chance de jouer un rôle important. Nous avons dit au moment où l’idée de troisième force était florissante que c’était une chimère et que l’Europe serait, bon gré, mal gré, le boulevard avancé du monde atlantique.

D’autre part, dans l’ordre économique, si le Plan Marshall a sauvé les économies européennes d’un effondrement certain, et sans remède, il a complètement échoué dans son autre but : de constituer une économie européenne libre et sans barrières où les marchandises s’échangeraient sans discrimination. Le Plan Marshall a jusqu’ici renforcé les autarcies au lieu de les affaiblir. Au lieu de multiplier les échanges, chaque pays cherche à acheter moins et à vendre plus, ce qui est absurde. Et cela parce qu’on a voulu, en Angleterre et en France, mettre en œuvre de grandes réformes sociales sans avoir d’abord assuré les moyens de les financer, ce qui a conduit la première à l’austérité progressive et sans issue, et la seconde à l’effondrement monétaire et au malaise social. Comme s’il ne fallait pas d’abord constituer des richesses avant de jouir du bien-être !

 

Le Livre blanc sur la Chine

Le rapport d’Acheson sur la Chine est un document remarquable qui fait grand honneur au secrétaire d’Etat et mérite d’être lu attentivement. Document courageux, lucide, ferme parce qu’il admet que la politique des U.S.A. fait fausse route et qu’il faut en changer, que Tchang-Kaï-Chek sur lequel on avait misé , a été l’instigateur d’un régime de corruption et de féodalité qui a mérité le discrédit où il est tombé en Chine et que l’on doit abandonner sans réserves (cela contre les partisans américains du Maréchal). Enfin que les Etats-Unis seront intraitables devant un régime qui veut inféoder la Chine au bolchévisme russe.

C’est en termes précis une déclaration de guerre morale à Mao Tsé Toung un appel au sentiment national du peuple chinois, appel qui ne manque pas d’habileté. Car les dirigeants chinois actuels sont loin d’être d’accord pour l’obédience à Moscou et le document vient à point quand la Russie, avec ou sans le consentement de Mao Tsé, s’apprête à annexer la Mandchourie, la tête industrielle de la Chine en faisant proclamer par ses auxiliaires une République populaire indépendante de Mandchourie.

Après avoir absorbé les deux Mongolies et le Turkestan, l’impérialisme soviétique, plus tsaristes que les Tsars, s’assure le gros morceau. Les Chinois finiront bien par s’apercevoir de ce que signifie l’alliance avec Moscou.

 

                                                                                  CRITON

Criton – 1949-08-06 – Programmes Militaires

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Le Courrier d’Aix – 1949-08-06 – La Vie Internationale.

 

Programmes Militaires

 

La Semaine a été dominée par les entretiens d’Etat-Major, les déplacements à Francfort, à Paris et à Londres des chefs de l’armée américaine. Malgré l’opposition du sénat aux plans d’assistance militaire à l’Europe, le courant d’opinion soutenu par la Maison Blanche emportera l’adhésion du Congrès sur un compromis provisoire, tout au moins.

 

La Défense de l’Europe

On sent qu’il y a en Europe même pas mal de divergences à aplanir. Un point est acquis ; les Etats-Unis n’abandonneront pas l’Europe occidentale à l’invasion soviétique. Mais l’Etat-Major de Fontainebleau n’est pas d’accord sur les moyens à mettre en œuvre pour rendre la défense efficace, et Français et Anglais cherchent à obtenir le maximum des crédits envisagés.

Les Américains veulent imposer leur plan, connu depuis longtemps, qui consiste à équiper les divisions terrestres françaises d’abord pour soutenir leurs maigres effectifs en Allemagne, l’aviation restant un monopole américain. Mais les Français veulent aussi une aviation, et les Anglais des dollars pour la leur. On marchandera.

 

De Bonnes Histoires

Les problèmes économiques ne perdent pas pour autant de leur acuité. Les Anglais se sont livrés à une manœuvre invraisemblable ; tandis que le Sénat américain rogne les crédits de l’E.C.A., le gouvernement travailliste, chiffrant son déficit en dollars pour l’année à quelques quinze cents millions, demande froidement que la part britannique soit augmentée de plus de moitié au détriment des autres bénéficiaires.

Cette requête inattendue a été, comme on pense, fraîchement accueillie aussi bien à Paris et Bruxelles qu’à Washington. Si l’on voulait rire aux dépens des économistes, on rappellerait qu’en mars dernier, M. Mayhew, représentant britannique, déclarait que l’Angleterre serait bientôt en état de se passer des crédits américains. Son discours avait plutôt surpris les milieux financiers de New-York, et à Londres même on avait trouvé que Mayhew y allait un peu fort. Trois mois après que le gouffre du déficit s’ouvrait de façon alarmante, on prononce le mot de banqueroute !

Une joie aussi pour les amateurs du dirigisme monétaire : une statistique consciencieuse nous apprend qu’il circule dans le monde trente-sept espèces de Livres sterling tant en billets qu’en comptes bloqués et presque toutes à des cours différents ; la joie est surtout pour les agioteurs qui les compensent agréablement, et la Banque d’Angleterre s’épuise à boucher les fuites dans ce réseau de canaux monétaires, sans y parvenir, bien entendu.

 

L’Affaire de la Sarre

La France a proposé que la Sarre dont le statut politique ne sera fixé qu’au traité de paix participât à titre indépendant à l’assemblée de l’Europe qui va s’ouvrir à Strasbourg. Les Sarrois paraissaient enchantés de cette proposition. Mais M. Schumacher veillait ; on sait que les socialistes allemands sont devenus de farouches nationalistes : mutilation de l’Allemagne, disent-ils, coup de force français, et de s’en faire un tremplin électoral pour la prochaine consultation.

Derrière eux, leurs confrères en nationalisme, les travaillistes britanniques soutiennent l’unité du Reich et M. Bevin a dû venir à Paris pour arranger l’affaire. Cependant, quand la Sarre a voté pour Hitler, personne à Londres n’est intervenu. Si les Sarrois veulent aujourd’hui, comme en 1935 disposer d’eux-mêmes en sens inverse, les Anglais et Schumacher vont-ils les en empêcher ? Il semble malheureusement que pour ne pas faire échouer la réunion de Strasbourg, la France, une fois de plus, devra s’incliner.

 

La Conférence Atomique

Une conférence assez mystérieuse a eu lieu aux Etats-Unis. Les Anglais qui se disent, paraît-il, en mesure de fabriquer des bombes atomiques, réclament une révision de l’accord antérieur qui laissait aux Etats-Unis la disposition des gisements d’uranium du Congo belge. Il y a là probablement une manœuvre pour obtenir des avantages financiers plutôt que du minerai. Néanmoins, on devine que les études atomiques sont en progrès si rapides que la bombe ne sera bientôt qu’un article de production courante. Les Anglais voudraient obtenir un stock des bombes américaines pour leur propre défense, mais les Etats-Unis défendent jalousement leur monopole déjà menacé. L’affaire ne parait pas devoir comporter de suites, du moins sur le plan politique.

 

Tito

L’affaire Tito s’envenime. Tito marque des points. Tito devient arrogant, fait arrêter des citoyens soviétiques et l’on parle de la création à Belgrade d’un comité anti-Kominform.

Par ailleurs, il a sollicité de négocier avec l’Italie au sujet de Trieste, et parle des bons rapports avec Rome. Les Italiens paraissent très satisfaits de l’évolution de la situation. De plus, on déclare à Belgrade que le décret du Saint-Office contre le communisme ne concerne pas la Yougoslavie. On parle aussi ouvertement de délivrer la Bulgarie et l’Albanie du joug soviétique.

L’évolution parait rapide et un peu inquiétante. La riposte pourrait venir.

 

L’antisémitisme en U.R.S.S.

Nous avons signalé à nos lecteurs le brusque déchaînement de persécutions contre les Juifs en U.R.S.S. Non seulement contre les sionistes qui sont arrêtés comme réactionnaires aux ordres de Washington, mais les simples Israélites qui sont parqués et déportés en Sibérie par milliers après avoir été dépouillés de leurs maigres biens. Staline ne veut pas être en reste avec Hitler. De plus, la plupart des Juifs qui occupèrent des postes importants en U.R.S.S. et dans les états satellites sont systématiquement liquidés. Voilà de quoi faire réfléchir les amis israélites du bolchévisme.

 

                                                                                  CRITON

 

Criton – 1949-07-30 – Truman en Action

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Le Courrier d’Aix – 1949-07-30 – La Vie Internationale.

 

Truman en Action

 

La scène internationale est en train de changer d’aspect, grâce à l’action particulièrement énergique et jusqu’ici réussie du président Truman. Bien que les chiffres de l’activité économique américaine soient toujours défavorables, la psychose de dépression paraît enrayée, et depuis un mois les cours remontent. Cet optimisme des financiers s’étend aux bourses européennes. La crise britannique elle-même pourrait devenir moins aiguë si la tendance persistait. C’est aux déclarations de Truman que ce nouvel élan doit sa force. Aura-t-il raison contre les tendances naturelles ? Les facteurs psychologiques modifieront-ils les facteurs, en apparence plus proprement matériels, c’est fort possible.

Sur le plan politique, Truman et Acheson poursuivent leur programme avec célérité et pressent le Congrès et l’opinion à des mesures qui rencontrent une résistance  qu’il s’agit de briser.

Le Pacte Atlantique vote malgré le nouvel isolationnisme du sénateur Taft et de ses amis ; il faut faire accepter et mettre en œuvre le plan d’assistance militaire aux nations européennes. Truman veut enlever un vote immédiat avant le départ en vacances du Congrès. Le Congrès se cabre, mais devra céder, en partie du moins. Si les quatorze cents millions de dollars ne sont pas acceptés, une aide provisoire sera consentie, et le plan fonctionnera.

 

La Politique de l’U.R.S.S.

On croirait que l’U.R.S.S. cherche à appuyer l’action du président Manouilsky,  le représentant ukrainien n’a-t-il pas fait entendre que la bombe atomique n’est plus un monopole américain ? Bluff, sans doute, mais bien des renseignements portent à croire que l’exclusivité de la bombe ne sera pas de longue durée.

Il est sans exemple d’ailleurs qu’un secret de technique militaire ou industrielle ait été longtemps le privilège d’un seul. Les forces guerrières des deux camps seront bientôt à armes égales. Il faut faire vite. Et cela pèse fortement sur l’opinion des Etats-Unis.

 

Nuages Orageux

Par ailleurs, la détente qu’on s’est plu à célébrer depuis la levée du blocus de Berlin n’est que superficielle. Les gros nuages ne sont pas dissipés.

La lutte Tito-Kominform devient chaque jour plus aiguë. Les Russes font évacuer les zones frontières de la Yougoslavie et déportent les Hongrois et les Tchèques, les Polonais et même les Ukrainiens qui se trouvent habiter là. Ils établissent une ceinture de sécurité à l’abri des indiscrétions. Ils prennent en main l’organisation des armées satellites reconstituées, renforcées d’éléments politiques et militaires soviétiques sur le modèle de l’armée rouge.

Tito de son côté a fermé la frontière grecque, campé sur cette ligne plusieurs divisions et sur son flanc, semble se préparer à liquider le gouvernement albanais pro-soviétique de Hodja. Les guérillas sont partout très actives.

En Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Roumanie et en Ukraine, les bandes armées font des ravages et les Soviets ont fort à faire. Ils ont dû en Roumanie supprimer complètement la liberté individuelle de circuler. Beaucoup d’effervescence en Bulgarie dans les deux camps-

Toute cette partie de l’Europe bouillonne d’autant mieux que le tempérament national et l’habitude l’y pousse. La lutte religieuse, et maintenant l’antisémitisme violent auquel les Soviets se livrent depuis peu, ajoutent aux passions.

 

Propagande

De façon générale, la radio et la presse russes nous font assister à un raidissement progressif et accéléré du pouvoir soviétique. Un chauvinisme exalté, un militarisme tout semblable à celui de Guillaume II et d’Hitler, une xénophobie vitupérante qui tourne au ridicule. Voilà tout ce que nous entendons quand nous prêtons l’oreille chaque jour aux « partisans de la paix ». La propagande soviétique à l’intérieur n’a jamais atteint ce degré d’échauffement nationaliste.

Si le ton de la grande et petite presse américaine est beaucoup moins élevé, elle s’entend à merveille à composer des entrefilets destinés à faire passer le frisson de la peur des armements soviétiques. Les discours enflammés de la Place Rouge sont en bonne place. Le nombre des avions, des sous-marins et des tanks est complaisamment reproduit. L’opinion est invitée à ne pas se reposer sur la puissance atomique comparée à la ligne Maginot, etc… etc…

 

En Chine

Le problème chinois est pour le département d’Etat un sujet de gros souci. On n’a plus d’illusion sur Mao Tsé Toung et l’on ne peut plus faire fond sur Tchang-Kaï-Chek dont les armées s’effondrent l’une après l’autre. Canton, dernier bastion avant la montagne est menacé par la rapide avance des communistes. Le Congrès américain reproche violemment au gouvernement de n’avoir pas de politique en Chine. Mais devant  une situation aussi critique, laquelle peut-il suivre ?

 

                                                                                  CRITON

Criton – 1949-07-23 – L’Anathème

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Le Courrier d’Aix – 1949-07-23 – La Vie Internationale.

 

L’Anathème

 

L’excommunication du communisme par le Saint-Office vient au moment où la persécution anti-religieuse en Tchécoslovaquie prend le caractère d’une lutte à mort entre l’Église et le Bolchévisme. Elle n’ajoute rien aux encycliques qui condamnaient déjà la doctrine, mais elle aura dans les consciences et sur la scène politique un retentissement solennel.

L’Église n’a jamais condamné en vain. Aucun des régimes qu’elle a frappés n’a survécu longtemps. Ses décisions sont toujours arrivées après avoir été longuement muries, à l’heure où la marée a cessé de croître, où commence le reflux et toujours elles ont précipité les événements. D’autres indices font penser que nous sommes à ce moment-là.

 

Les Répercussions dans le Monde

La condamnation, quoique attendue à néanmoins provoqué un certain effroi et jusque chez les communistes une gêne inquiète. En Hongrie et en Pologne, c’est la consigne du silence. A Prague au contraire, c’est la terreur et la menace. En Italie, où la confusion entre la foi chrétienne et le communisme est encore profonde dans les âmes simples, le décret va soulever de telles difficultés individuelles que les commentaires des deux côtés sont prudents. En France, les répercussions paraissent très limitées ; le point était fait par la plupart des chrétiens. Dans les pays anglo-saxons, et particulièrement aux Etats-Unis où la question religieuse joue un rôle important dans la vie sociale, le décret a été ressenti avec satisfaction par tous ceux (et ils sont nombreux) qui hésitaient à se porter adversaires d’un mouvement qui a pas mal de sympathies secrètes : le communisme apparaissant condamnable dans ses méthodes mais justifiable dans sa lutte apparente contre la tyrannie de l’argent.

Enfin, il incitera beaucoup de communistes convaincus en Europe centrale et ailleurs à se détacher de l’autorité moscovite pour concilier leurs scrupules religieux avec, une attitude économique et sociale qui, dégagée de toute idéologie n’est pas en soi incompatible avec la foi.

Tito, très habilement d’ailleurs, recevait les représentants des diverses confessions, tandis qu’on les emprisonne à Prague.

 

Tito

Cette lutte à mort, elle aussi, entre Tito et le Kominform prend un caractère de plus en plus ouvert depuis le discours du Maréchal. Tout en restant fidèle, en principe, à la doctrine communiste, c’est lui qui condamne le bolchévisme russe comme une déviation de la doctrine sur le plan économique et politique. Il entend prendre la position la plus avantageuse pour les intérêts yougoslaves. Bien qu’il prétende que le prêt des Etats-Unis ne comporte pas de conditions politiques, la fermeture de la frontière qui touche à la Grèce et qui prive les rebelles grecs d’un important point d’appui, prouve le contraire.

Sur la question autrichienne, s’il maintient le droit, il cède en fait ; pour ce qui est de Trieste, l’introduction du Dinar dans la zone B occupée par les yougoslaves n’est en réalité qu’une prise de position en vue d’un marchandage direct avec l’Italie.

 

La Retraite de Cripps

Il n’y aura pas de coup de théâtre, disions-nous, et cependant Sir Stafford Cripps va faire en Suisse une cure de six semaines pour rétablir sa santé. Bien que les Anglais maintiennent qu’il ne s’agit pas là d’une maladie diplomatique, on ne fera croire à personne que ce ne soit, tout au moins au cas où la position de Cripps se trouverait intenable en septembre au moment de la conférence du Fonds Monétaire, un excellent prélude à la démission du Chancelier. Cette démission n’est pas certaine ; elle est simplement rendue possible en cas de nécessité.

D’ici là, les Anglais veulent voir venir et savoir quelles chances le plan du Chancelier peut avoir auprès des Dominions et des Etats-Unis. L’un de ces plans aboutirait à la cartellisation des matières premières essentielles dans le monde et distribuables sans conversion de devises. Le problème du déficit en dollar serait ainsi en partie résolu. Ce plan coïncide avec le programme socialiste et favoriserait particulièrement le Sterling. Il n’est pas probable que les Etats-Unis l’acceptent pour le moment. On en viendra peut-être à une solution analogue plus tard, quand les dirigeants de l’Angleterre auront changé.

 

Le Discours Truman

On n’a pas accordé au récent rapport du président Truman toute l’attention qu’il mérite. Il contient une affirmation capitale qui, si elle prenait un sens pratique, aurait sur l’orientation économique du monde de demain une influence primordiale. Ce serait une révolution.

En substance, Truman condamne une politique qui consisterait à adapter la production à la demande du consommateur, c’est-à-dire à restreindre l’une dès que l’autre – comme c’est le cas – donne des signes de saturation ; ce qui a été fait jusqu’ici bon gré, mal gré, chaque fois qu’une crise s’est produite. Truman veut au contraire que l’expansion de la production continue contre vents et marées, parce que toute restriction de la production précipiterait la crise au lieu de l’amortir peu à peu. Que fera-t-on alors des marchandises excédentaires et comment empêchera-t-on la chute des prix qui en faisant travailler les producteurs à perte les contraint à arrêter le travail ? Il n’y a qu’une solution : distribuer gratuitement les surplus aux peuples qui peuvent les absorber et peut-être même aux individus qui ne peuvent pas les acheter.

L’Économie distributrice serait-elle en marche ? Quel appui inattendu pour ses partisans que celui du président Truman !

 

                                                                                                       CRITON

 

Criton – 1949-07-16 – Socialisme et Liberté

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Le Courrier d’Aix – 1949-07-16 – La Vie Internationale.

 

Socialisme et Liberté

 

C’est toujours le problème anglais qui préoccupe le monde : lutte de la Livre contre le Dollar, du travaillisme contre la liberté des échanges, des masses laborieuses britanniques contre un réformisme opprimant et inefficace.

 

Trois Aspects de la Crise Anglaise

Ce sont là trois aspects de la crise qui ne sont pas étroitement solidaires.

Comment évolue la situation ? D’abord les entretiens Snyder-Cripps n’ont rien conclu. Le chancelier de l’Echiquier consulte à présent les Dominions. Il sait que la zone monétaire Sterling qui couvre une large partie du globe ne peut et ne veut abandonner les avantages de sa position. Tous ces pays sont débiteurs ; tous ont besoin de dollars et voudraient pouvoir s’en passer ; tous sentent que s’ils restent unis sur le plan financier, ils peuvent obliger les Etats-Unis à payer cher la conservation de marchés énormes qui leur sont indispensables. Dans sa résistance, Sir Stafford Cripps a beaucoup d’alliés, et même dans les rangs conservateurs. Il existe un certain patriotisme de la Livre, une jalousie nationale contre l’emprise américaine.

Cette lutte peut avoir de funestes conséquences : un refroidissement des relations politiques anglo-américaines mettrait la paix en danger. Une division de la planète en trois territoires économiques étanches : le Soviétique, le Britannique et l’Américain, retarderait, s’il ne la rendait impossible, la restauration de la prospérité mondiale.

Cette tendance à la division n’est malheureusement pas facilement évitable. Depuis deux ans, on ne parle que d’union européenne, d’union douanière, d’abaissement de tarifs : le Benelux, l’unité Franco-italienne, le conseil européen. Or, nous l’avons répété, contre ces bonnes intentions jouent la plupart des forces politiques sociales et commerciales présentes, et les timides réalisations concrètes qu’on avait essayées, sont en train de fondre.

Le Benelux en particulier qui ne fut jamais qu’une façade est à l’agonie. La Hollande découragée retournerait au bloc sterling ; quant à l’union Franco-italienne, nous avons dit quel paradoxe économique elle représente.

On ne rétablira la circulation générale qu’en faisant sauter à la fois toutes les barrières et tous les blocs. Il n’y en aura qu’un seul au monde ou il ne restera, bon gré, mal gré, qu’une mosaïque d’autarcies qui consolidera la misère.

 

Le Rôle du Socialisme

La force politique qui lutte en ce moment dans tous les pays pour cette autarcie, pour un nationalisme étroit et fermé, ce ne sont pas les traditionnels réactionnaires, ceux-là sont devenus internationalistes ; c’est le socialisme, autrefois le promoteur et l’apôtre de l’internationale ; Cripps en Angleterre ou Schumacher en Allemagne ; les leaders belges, français et italiens partout où le socialisme a survécu sa politique étroitement dirigiste, son protectionnisme ouvrier contre les mouvements de la main-d’œuvre l’ont obligé à renier sa foi et à devenir le foyer des particularismes nationaux, le protecteur involontaire des intérêts localisés, le défenseur des petits privilèges, l’obstacle principal aux grands courants, aux transformations économiques, au progrès, au mouvement.

C’est ce qui explique cette épidémie de grèves qui se prolonge en Angleterre. M. Attlee accuse le communisme. Il fait proclamer par le roi l’état « d’exception » pour mâter les dockers. Mais ceux-ci trouvent des alliés dans toutes les corporations et la grève s’étend au lieu de s’éteindre ; l’Anglais n’aime pas la manière forte contre ses libertés.

En réalité, on a vite fait d’accuser le communisme pour excuser ses propres fautes ; le communisme ne se développe que sur des sociétés stagnantes, démoralisées, appauvries. Les grèves en Angleterre sont plutôt l’expression du malaise général, une protestation plus ou moins consciente contre un régime pesant et inefficace. Cela pourrait en effet aboutir à la prolifération du communisme. Le Travaillisme s’appuie en ce moment sur la coalition d’intérêts que constitue le bloc sterling pour ramener à lui des forces qui le sauveraient du désastre.

Du côté américain, on paraît plutôt s’en tenir à la défensive et au compromis. Snyder a dû se rendre compte qu’il ne servirait pas la cause commune en précipitant l’effondrement d’un système économique aussi vaste. Il n’en a d’ailleurs jamais été question. On voit mal cependant quelle sorte de solution satisfaisante pourrait intervenir. Pour notre part, dans le domaine financier et commercial, nous n’en voyons aucune. Le temps et le hasard en pourront peut-être proposer.

 

Extrême-Orient

Les récentes déclarations de Mao Tsé Toung ont levé bien des doutes qui étaient récemment permis. Le communisme chinois, c’est bien le communisme, et le lien avec Moscou politique et idéologique n’est plus contestable. Ces déclarations ont provoqué une certaine surprise aux Etats-Unis et quelque mauvaise humeur. Chang-Kaï-Chek en a profité pour rentrer en scène. Il cherche à se mettre à la tête de la coalition anti-communiste d’Extrême-Orient. On a beaucoup commenté la rencontre du généralissime avec le président Quirino des Philippines ; à rapprocher de l’appui officiel donné par les Etats-Unis à Bao Dai, du succès des pourparlers de paix en Indonésie où les Américains ont joué un rôle prépondérant.

On s’oriente, comme il était inévitable, vers la formation d’un cordon sanitaire anti-Kominform en Asie. Solution qui n’enchante personne mais n’offre de choix ; l’attitude des communistes chinois est-elle une habileté ? leur est-elle imposée par conviction ou pression de Moscou ? Ce qui est sûr, c’est que la guerre civile va reprendre et malheureusement nous savons déjà qu’à Moscou comme à Washington, cette solution n’est pas pour déplaire.

 

                                                                                  CRITON

Criton – 1949-07-09 – La Bataille de la Livre

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Le Courrier d’Aix – 1949-07-09 – La Vie Internationale.

 

La Bataille de la Livre

 

Le voyage en Europe du ministre américain des finances, Snyder, les allées et venues des experts, le discours aux Communes de Sir Stafford Cripps sur la chute rapide des réserves britanniques, indiquent qu’un vaste plan de restauration monétaire est en mouvement. Le gouvernement travailliste lutte pied à pied, car la faillite monétaire signifie la fin du régime politique. Cependant, pour que les échanges se rétablissent, il faut que l’autarcie financière et commerciale cesse, et que le bloc sterling se désagrège ou s’intègre dans un système général de paiements impliquant la libre convertibilité des monnaies.

Les Anglais savent bien que la Livre doit être dévaluée et qu’aucun des remèdes proposés par le Ministre ne résiste à l’examen. Cripps essaie d’amener les Etats-Unis à soutenir la Livre en menaçant de réduire les achats anglais en Amérique, ce qui aggraverait la crise. Mais il n’ignore pas que dans ce cas, les exportations britanniques tomberaient encore ……

 

Le Plan Snyder

Les Américains ont un plan, on le devine, bien que beaucoup de points restent obscurs. Il n’y aura pas de coup de théâtre. De longs mois seront nécessaires pour amener les choses à maturité, car les Etats-Unis ne veulent pas provoquer dans l’opinion anglaise des réactions brutales et préfèrent détourner les travaillistes des solutions désespérées. Tôt ou tard, la Livre perdra sa situation de monnaie privilégiée. Elle sera une devise parmi d’autres, et l’Angleterre sortie de son isolement séculaire, un membre dans la communauté des nations.

 

La Crise

La « récession » aux Etats-Unis se poursuit à un rythme prévu qui n’a rien d’alarmant. Le président Truman hésite à proposer des remèdes ; il n’en manque pas ; le difficile est de choisir le bon. L’économie est une matière où il faut se persuader qu’on sait encore peu de choses et les risques d’erreur sont énormes, l’exemple de l’Angleterre est là pour le faire sentir.

Nos lecteurs se rappellent qu’en mars Sir Stafford Cripps se vantait du redressement de la balance des comptes britannique ! Nous avions alors exprimé notre scepticisme. Trois mois ont suffi pour que la situation change du tout au tout et pourtant, le « brain trust » britannique ne manque pas d’experts.

Les Etats-Unis réussiront à harmoniser l’économie mondiale s’ils y mettent le prix. Tout est là. Parmi les mesures essentielles figurent le relèvement du prix de l’or et la redistribution du métal précieux stérile dans les caves de Fort Knox, et cela en dépit des avantages que les Russes peuvent en tirer. Il faut aussi constituer un fonds de stabilisation des changes d’un montant suffisamment impressionnant pour n’avoir pas besoin de s’en servir. Il faut de larges investissements dans les pays à développer, sans esprit de profit immédiat. Il faut un large prêt-bail d’armement. Tout cela est énorme : le Congrès américain aura-t-il le courage ? tout peut échouer si la dose à administrer est insuffisante. En matière économique comme en affaires militaires, il faut frapper fort et vite.

 

En U.R.S.S.

Naturellement les difficultés économiques des pays d’occident remplissent les cœurs soviétiques d’espérances. Les Russes poussent de toutes leurs forces à les aggraver. Les grèves non officielles qui paralysent le commerce britannique sont, d’après M. Attlee lui-même, l’œuvre des communistes.

Cependant, la position de l’U.R.S.S. donne des signes de faiblesse. Vichinsky, dans un curieux discours, proclame le succès de la diplomatie soviétique dans les négociations de Paris sur l’Allemagne, tout en faisant prévoir qu’il leur faudra céder encore un peu de terrain. En fait, il n’y a eu à Paris ni vainqueur, ni vaincu, car on n’a pas conclu grand-chose. Le blocus de Berlin a pris fin, et c’est tout.

 

Tito

D’un côté la persécution contre l’Eglise catholique se poursuit à Prague, malgré l’opposition des fidèles et des rencontres sanglantes de la police et des paysans slovaques. Les maquis se multiplient partout.

De l’autre côté de la frontière, Tito tient bon malgré une propagande impitoyable dans les rangs de ses fidèles. D’après certains bruits, non seulement la lutte entre le Kominform et le Maréchal irait en s’intensifiant, mais on se demande si les Russes ne sont pas prêts à une intervention armée pour abattre le rebelle, ce qui expliquerait la mise en sommeil de la guerre froide sur le front allemand et autrichien.

Ce n’est là qu’une hypothèse, dont nous avions déjà parlé au printemps. Les conséquences d’une guerre ouverte entre l’U.R.S.S. et la Yougoslavie seraient telles qu’on hésite à y croire. Tito cependant, sans avouer qu’il a recours à l’aide américaine, reçoit en secret des armes et des crédits et pour se couvrir du côté bulgare, offre la paix au gouvernement d’Athènes.

Ce qui peut faire hésiter Moscou, c’est le développement rapide d’une résistance clandestine dans les rangs mêmes de l’armée rouge. Les méthodes du bolchévisme se retournent contre lui. Parmi les troupes russes, des tracts circulent. Staline et le régime y sont violemment pris à partie. Il y a beaucoup de Titistes parmi les soldats. Les symptômes d’un affaiblissement moral du stalinisme en Russie même, apparaissent pour la première fois au grand jour. Ce n’est pas encore très grave, mais ce signe ajouté à d’autres, montre que les difficultés de l’U.R.S.S. augmentent, ce qui explique une politique plus prudente.

 

                                                                                  CRITON

Criton – 1949-07-02 – Primum Vivere

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Le Courrier d’Aix – 1949-07-02 – La Vie Internationale.

 

Primum Vivere

 

L’évolution que nous décrivons depuis quelques semaines devient manifeste : la Conférence des Quatre à Paris a mis la guerre froide en sommeil. L’échec de la conférence monétaire de Londres, la crise de la Livre, le drame – le mot n’est pas trop fort – de la conscience britannique devant l’effondrement de la politique d’austérité montrent que l’économique est à présent primordial, c’est sur le front de la crise que la bataille idéologique se joue.

 

La Crise anglaise

L’obstination des hommes dans l’erreur est parfois déconcertante, surtout quand ils sont anglais. Dès 1945, nous avons écrit ici et répété à d’éminents visiteurs, point par point ce qu’il adviendrait de la politique financière travailliste. Fatalement cette politique qui n’était viable que tant que la pénurie et les énormes besoins succédant à la guerre ne seraient pas comblés culbuterait à la première crise, si légère soit-elle, qui suivrait le retour de l’équilibre économique que se produit-il :

1° Le système de monopole de fait du commerce extérieur, joint au maintien de la Livre à la parité quatre, entraîne une hémorragie d’or et de devises, mortelle dès que les exportations fléchissent.

2° Depuis que les Etats-Unis connaissent la mévente, leurs prix baissent, tandis que les prix anglais, difficilement compressibles à cause des charges sociales, de la rigidité des index dirigés et des salaires, deviennent trop chers.

3° La menace d’une dévaluation de la Livre accélère cette chute des exportations ; les acheteurs, peu pressés déjà, attendent de payer dans une monnaie moins chère.

4° Ajoutons : la chute rapide des cours des matières premières britanniques : le caoutchouc, le cacao et la laine.

5° Et voici la conséquence : le chômage (300.000), l’annonce de nouvelles mesures d’austérité au moment où les pays voisins regorgent de tout et surtout peut-être, facteur impondérable, cette nostalgie de la liberté qui se fait jour parmi les masses dans les meetings et les élections. Même si les prétendues lois économiques l’imposent, l’Anglais moyen ne peut comprendre que l’Angleterre, trois fois plus riche que la France, ne peut manger à sa faim en 1949.

 

La Crise

Comme nous le répétions, le ralentissement des affaires aux Etats-Unis qui se poursuit pour le sixième mois consécutif, est le phénomène primordial de l’heure. Ces deux dernières semaines ont été plus confiantes que les précédentes. La bourse de New-York s’est ressaisie. On cherche à persuader le monde des affaires que de croire à la crise crée ou du moins aggrave la crise. Les augures sont optimistes. A notre avis, ils ont raison. Nous ne croyons pas le moment venu d’un véritable drame économique – nulle part.

 

A l’O.E.C.E.

C’est autour des paiements intra-européens et du Pool en dollars dont nous avons expliqué le mécanisme, que le conflit entre les Anglais d’un côté, les Belgo-Américains de l’autre, a éclaté. La France, dont les intérêts sont partagés entre les deux systèmes opposés, a essayé de concilier les parties. Rien n’a servi contre l’obstination de Sir Stafford Cripps. Les Américains qui savent que désormais la partie est perdue pour lui, se sont montrés aussi conciliants que possible sur le traité de commerce Anglo-Argentin auquel ils avaient fait opposition ils n’ont demandé que des modifications de détail. Mais rien ne peut donner une idée de l’émotion presque muette, des passions, des espoirs, des frayeurs dissimulées qui précèdent cette seconde capitulation de la Livre et qui sera le signal d’un retournement politique brutal.

 

En Belgique

Les Belges après les Hollandais ont voté. Ces élections dans le pays qui est, après la Suisse, le plus mûr politiquement de la terre, ont montré symboliquement la tendance profonde du moment ; un triomphe pour les libéraux, une confiance soutenue au parti chrétien-conservateur, un recul du socialisme et une défaite, un quasi éclatement du communisme. Les conséquences de l’événement ne seront pas très considérables sur le plan tactique, mais auront un fort retentissement moral. L’exemple est contagieux.

 

Au Canada

Le Canada aussi a voté : les libéraux remportent une victoire totale. Ce nom de libéraux n’a pas le sens européen. Cela veut dire que le parti Conservateur probritannique est écrasé. Profondément hostile au travaillisme et de plus en plus indépendant, le Canada après cette élection va rompre lui aussi le dernier lien réel avec la couronne d’Angleterre. Pauvre Albion, tant de vertus et de courage inutile font peine.

Un Américain disait, il y a quelques temps : l’Angleterre va au désastre dans la discipline, et la France dans le désordre retourne à la prospérité !

 

                                                                                  CRITON

 

Criton – 1949-06-25 – Après la Conférence

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Le Courrier d’Aix – 1949-06-25 – La Vie Internationale.

 

Après la Conférence

 

Bien que vieux de plus de huit jours, nous demandons au « Courrier d’Aix » de publier le commentaire qui n’a pu paraître samedi. Depuis, la Conférence de Paris a enfin conclu. Le bilan est obscur dans les termes. Sur le problème allemand, rien n’est arrêté, mais les négociations reprendront. L’ambiance est restée favorable ; personne ne voulant rompre ni céder, on se quitte avec le sourire et des paroles d’espoir. Sur la question autrichienne, on fait entendre qu’on pourra signer vers la fin de l’année. Les Alliés semblent avoir fait aux Russes des concessions considérables, sans doute pour les obliger, si l’on conclut définitivement, à retirer leurs troupes de Roumanie et de Hongrie. Les Autrichiens paraissent plutôt satisfaits ; ils voient venir la fin de l’occupation directe et les revendications de Tito sont écartées. Mais tout cela n’est encore que projet.

 

Trois Aspects de l’Heure

Les amateurs de coup de théâtre attendent au dernier jour de la Conférence des Quatre, des propositions nouvelles de Vichinsky. Nous ne le pensons pas, à l’heure où nous écrivons, qu’il en puisse être question. Cependant on était sûr, dès les premiers contacts, que les Russes voulaient éviter une rupture à laquelle personne du reste n’a intérêt. On entendra Vychinski formuler des plans dont on confiera l’examen à des suppléants et à des experts et l’on voit se dessiner une chaine de conférences futures, probablement aussi stériles que celle-ci mais qui permettront, à mesure que la situation évolue, d’adopter les dispositions diplomatiques, et si cela devenait un jour indispensable, de jeter les bases d’un accord limité. Car les Russes ne sont pas sûrs de pouvoir tenir indéfiniment leur front européen sur les lignes actuelles.

 

Les Résultats

Comme l’a bien exprimé Acheson, le résultat positif de la conférence, ce n’est pas l’accord des Quatre, mais celui des Trois. Une harmonie parfaite n’a cessé d’être maintenue entre Bevin, Schuman et le ministre américain qui tenait le premier rôle, et ce fait est d’importance.

Pour le reste, on est pratiquement à zéro. Tout au plus faudra-t-il trouver un modus vivendi précaire pour Berlin et un système d’échange entre la trizone et la zone soviétique ; échanges que souhaitent les Allemands de l’Ouest, en quête de débouchés pour leur industrie croissante, et aussi les Anglo-Américains, les uns pour détourner une concurrence naissante vers les marchés secondaires, les autres pour soulager leur budget. Encore que ce courant commercial interallemand ne peut-il être que limité ; la zone russe n’a rien à vendre et tout à acheter, et les réserves de marks occidentaux des allemands de l’Est seront vite épuisées. Et faute d’un contrôle sur le Mark occidental, les occidentaux ne pourront accepter cette douteuse monnaie.

Concluons : une accalmie sur le front allemand paraît probable, au moins pour quelques temps. On a évité la rupture et aussi un accord qu’Anglais et Allemands de l’Ouest redoutaient plus encore. A peine le peuvent-ils dissimuler.

 

La Chine

Le théâtre européen, d’ailleurs, perd de son importance. La lutte pour la Chine depuis l’effondrement nationaliste devient un problème de plus en plus grave, et de plus en plus urgent pour les Etats-Unis. Des contacts et des conversations indirectes se poursuivent avec les émissaires de Mao Tsé Toung. Les Américains ont un atout majeur : sans leur aide financière, la reconstruction de la Chine est impossible. Ils en ont trois autres, mineurs mais sérieux.

D’abord, l’Ile de Formose où Tchang s’est réfugié et que les Etats-Unis, pour des raisons stratégiques, ne peuvent abandonner. Sans Hong-Kong et Formose, l’indépendance de la Chine n’est qu’illusoire. Deuxièmement, il y a au Sud, la province de Kangxi ; c’est le fief du président actuel de la Chine, Li, et de son habile général, Pai. Le pays leur est fidèle et leur armée solide ; la contrée est de pénétration difficile. Cette région peut tenir longtemps.

Enfin, il y a le Yunnan qui couvre l’Indochine et toute l’Asie du Sud-Est, qui est inaccessible aux armées d’invasion. Le Yunnan est en pleine anarchie ; les bandits y pullulent mais une réorganisation est possible grâce aux éléments anti-communistes. Dans les deux cas, c’est une question d’argent, et les Américains, s’ils n’arrivent pas à un accord satisfaisant avec Mao Tsé Toung, peuvent à un prix relativement modéré, couvrir la Chine du Sud et prolonger la guerre civile.

C’est une impérieuse nécessité pour les occidentaux de ne pas laisser découverte la frontière Nord des pays sous contrôle européen. Si une maille filait de ce côté, toute l’Asie serait perdue, même le Japon. Le front des trois grands paraît beaucoup plus solide ici qu’il n’a jamais été. La politique soviétique a fait de l’Alliance Franco-Anglo-Américaine une réalité efficace qui rachète bien des malentendus.

 

Après le Congrès de Blackpool

Revenons aux problèmes économico-politiques dont l’importance, nous le répétons, croit chaque jour. Les Travaillistes anglais comptent pour sauver leur avenir politique sur le concours des organisations ouvrières américaines. La crise économique mondiale dont on ne peut plus nier la gravité, si elle rend difficile et peut rendre même intenable la politique financière et économico-sociale des travaillistes, peut aussi amener aux Etats-Unis une transformation complète des relations du capital et du travail. Une crise de l’ordre de celle de 29-32 porterait au régime capitaliste un coup terrible, peut-être mortel. La démocratie sociale et étatiste à la manière britannique pourrait  être imposée par les circonstances au monde américain et déjà depuis l’élection de Truman, les contacts se sont multipliés entre syndicalistes de deux côtés de l’Atlantique.

Les Travaillistes, autrefois anti-américains, voient le salut dans la coordination des politiques des travailleurs des deux pays. Comme nous l’avons dit, l’avenir politique du monde dépend moins du conflit Russo-Américain qui se terminera fatalement par un recul du bolchévisme que de cette double échéance, proche désormais ; le résultat des élections anglaises de 50 et la résolution de la crise économique mondiale qui peut être une simple crise de déflation, mais aussi une crise gigantesque due aux difficultés d’équilibrer les échanges entre pays créditeurs et débiteurs. Et il semble qu’à Londres, on ne fait pas grand-chose pour rendre ces échanges plus souples.

 

La Persécution Religieuse en Tchécoslovaquie

L’Archevêque de Prague, Beran, va subir le sort du cardinal Mindszenty. Suivant les méthodes employées à Budapest, les communistes cherchent à éliminer l’Eglise Tchèque. La résistance sera plus forte. Observons avec attention les événements tragiques et douloureux. C’est de Prague que naîtront les grands événements de la prochaine histoire, comme pour Hitler, le coup de Prague a été la faute capitale du bolchévisme.

 

A Londres

Autre affaire d’importance : l’ajournement imposé par les Américains au traité de commerce anglo-argentin. Le problème de la Livre se pose de façon aiguë, et la position de Sir Stafford Cripps devient difficile, l’opinion anglaise s’émeut ; la crise, depuis longtemps prévue, commence.

 

A Bucarest

Enfin, de l’autre côté du rideau de fer, la disgrâce d’Anna Pauker en Roumanie est confirmée. Les communistes roumains avaient en Suisse utilisé à leur manière les fonds secrets du Kominform, et Moscou n’aime pas les révélations de ce genre. Les représailles sur les citoyens Suisses en Roumanie risquent de brouiller Berne et le Kremlin ; l’affaire est pleine de détails pittoresques. Il y a des profiteurs et des agioteurs dans tous les régimes ….

 

                                                                                  CRITON

Criton – 1949-06-11 – La Crise Economique et la Paix

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Le Courrier d’Aix – 1949-06-11 – La Vie Internationale.

 

La Crise Economique et la Paix

 

On ne sait toujours pas pourquoi Staline a envoyé Vychinski à Paris. Le scénario de la conférence ne diffère pas des précédents. L’ambiance est plus cordiale, mais les résultats aussi négatifs. Vychinski, pendant deux heures, démolit point par point une modeste suggestion d’Acheson et le lendemain, expose aussi longuement une thèse soviétique diamétralement opposée aux vues occidentales. Les trois alliés lèvent les bras au ciel et on passe à la question suivante. Tel est le marathon de la patience diplomatique auquel participe le novice Acheson. Jusqu’à quand ? cependant qu’on n’espère plus grand-chose du débat. M. Schuman bien placé pour en juger, nous promet que d’ici quelques semaines l’atmosphère s’éclairera. Nous regrettons de le dire, mais nous ne le croyons pas…

 

Le Point de la Conférence

Où en est-on ? Sur l’unification de l’Allemagne, pas d’accord possible. Au milieu de la discussion, les Soviets ont convoqué à Leipzig un congrès du peuple allemand composé du dernier carré des dirigeants de la S.E.D. Ils devaient se mêler à l’Assemblée de Bonn, remettre la constitution en délibération, mais les alliés et les délégués les ont éconduits sans délai. On ne reparlera plus d’unité allemande. Un changement d’attitude des Russes est à noter sur ce point. Nous l’avions déjà indiqué lors des élections manquées. Tout comme les Alliés, les Soviets préfèrent le partage de l’Allemagne. Ils sentent le danger qu’il y aurait à soulever le rideau de fer. Déjà à Leipzig, les adversaires de l’U.RS.S. font preuve d’une audace digne de la résistance berlinoise. Si la liaison avec l’Ouest était rétablie, une révolte ouverte serait possible qui pourrait conduire à la guerre. L’Allemagne restera coupée en deux ; nous n’en avons jamais douté.

 

Berlin

On s’est donc rabattu sur le problème de Berlin. Les Russes veulent bien qu’on élise une administration municipale, à condition d’avoir le droit de veto sur toutes ses décisions. Les Alliés entendent remettre le gouvernement de Berlin aux Berlinois. Ils l’ont promis et ne peuvent revenir là-dessus. Mais cela équivaudrait pour les Russes à abandonner Berlin. Ce qui est impossible.

Alors, et le blocus ? Car le blocus de Berlin continue, le ravitaillement aérien n’a pas cessé, ne s’est même pas ralenti. La grève des cheminots paralyse le trafic ferroviaire. Non seulement les Russes ne font rien pour y mettre fin, mais ils ne veulent pas diriger leurs propres trains en secteur occidental, ce à quoi consentaient les grévistes. Enfin, le transport par camions est si hérissé de formalités et d’aléas qu’ils n’osent circuler. En dernière heure on va rédiger à Paris – si on y parvient – des instructions aux quatre commandants militaires pour qu’ils s’entendent sur le rétablissement des transports.

La faute des Américains fut avant d’accepter la Conférence de Paris, de ne pas s’assurer de la levée effective du blocus et exiger des garanties pour qu’il ne puisse être rétabli.

 

A l’O.E.C.E.C.

Nous sommes entrés depuis quelques semaines, après le brusque retournement de la conjoncture en janvier, dans une période où les problèmes économiques l’emportent sur les problèmes politiques.

La situation devient sérieuse. Les bourses de tous les pays fléchissent, les prix mondiaux baissent sans arrêt. Les ventes des pays débiteurs deviennent plus difficiles aux Etats-Unis, saturés de produits. D’autres débouchés se ferment à l’exportation ; récemment, l’Afrique du Sud, n’étant pas autorisée à majorer le prix de son or, a réduit de façon draconienne ses importations en provenance de l’Angleterre. Celle-ci, dont l’avenir est en jeu, se défend âprement.

A la Conférence des pays bénéficiaires du plan Marshall qui se tient à Paris, les Américains appuyés par les Belges, ont proposé un système de paiement qui permettrait aux pays endettés, comme la France, de recevoir des marchandises de leurs créanciers, en premier l’Angleterre et la Belgique. Jusqu’ici, les Etats-Unis fournissaient en dollars la contrepartie des livres et des francs belges. Mais le système fonctionnait mal pour de multiples raisons. Les marchandises cédées par l’Angleterre selon ce procédé, l’étaient au prix fort. Les Américains proposent un pool en dollars. Le débiteur l’utiliserait au profit du pays qui lui ferait le meilleur marché. Le but est d’obliger les pays européens à apaiser leurs prix de revient pour leur permettre d’exporter. Mais les Anglais y voient une pression pour les obliger à dévaluer la Livre.

 

A Blackpool

Le Congrès du Parti Travailliste est particulièrement houleux. Les élections approchent, et au moment où les exportations britanniques fléchissent, où, malgré l’apparition du chômage, les syndicats en révolte contre leurs dirigeants font des grèves successives. La crise qui s’accentue ne va pas faciliter la convalescence du monde, et de l’autre côté du rideau de fer pour d’autres raisons, les choses se présentent pour le moins aussi mal …

La paix sociale et internationale n’y gagnera pas.

 

                                                                                  CRITON

 

Criton – 1949-06-04 – Conférence pour Rien ?

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Le Courrier d’Aix – 1949-06-04 – La Vie Internationale.

 

Conférence pour Rien ?

 

Après dix jours de conférence et trois mois de pourparlers officieux, on se demande encore à quoi veulent en venir les Soviets.

Propagande ? Mais un incident comme la répression sanglante de la grève des cheminots de Berlin fait plus de tort au bolchévisme que cent discours en congrès n’en peuvent effacer.

Accord économique ? Mais comment expliquer que ces derniers jours à Genève, les Russes ont refusé de se prêter à toute augmentation du trafic entre l’Est et l’Ouest.

Il y a cependant toujours des optimistes qui soutiennent que la Conférence de Paris n’est qu’une façade et que la partie véritable se joue ailleurs dans la coulisse où une trêve s’élabore. Nous ne l’avons jamais cru, d’abord parce qu’il n’y a pas d’accord possible, et que si l’intention des Soviets était de renverser leur politique, on en décèlerait les prodromes.

Il faut s’en tenir aux apparences. Le blocus de Berlin ayant mal tourné et l’industrie de la zone d’occupation russe, complètement pillée ne pouvant plus s’approvisionner, les Soviets cherchent, par la levée des blocus, de mettre à la charge des Américains le renflouement de leur zone sans pour cela ouvrir les portes à une pénétration politique. On va donc aboutir – peut-être –  à la création de quelque commission quadripartite qui règlera les échanges entre la zone Ouest et la zone Est. Mais les Américains, dont la France et l’Angleterre redoutaient les faiblesses, paraissent au contraire très exigeants et peu disposés à aider les Russes à se tirer d’embarras. La constitution de Bonn votée et l’Allemagne de l’Ouest sur pied, les partenaires occidentaux n’ont rien à demander aux Soviets. Au contraire, ils redoutent les inconnues et les pièges que toute modification du statuquo comporterait.

 

Les Problèmes Budgétaires

S’il était besoin d’exemples pour montrer l’inanité des querelles d’idéologie politique, combien peu elles correspondent à la nature des choses, l’heure présente offrirait ce fait : l’apparition presque simultanée du chômage dans tous les pays, capitalistes, socialistes et communistes. Cela a commencé par la Belgique pour des raisons monétaires ; trois mois après, c’est le tour des Etats-Unis pour des raisons de pure économie. Puis voilà l’Angleterre, elle, pour des raisons politico-sociales et financières. Enfin c’est le tour de l’U.R.S.S. pour des raisons encore différentes. Les voici.

 

Le Chômage en U.R.S.S.

Nous écoutions hier à Radio-Moscou, un des pionniers du Stakhanovisme faire un cours à ses camarades sur les moyens d’économiser les matières premières dans la fabrication des pièces détachées. L’U.R.S.S. manque de matières premières. L’U.R.S.S. en consomme de plus en plus pour produire un matériel de guerre qu’il faut chaque année renouveler parce qu’il se démode, augmenter parce que l’adversaire produit plus vite. L’U.R.S.S. a dû faire un nouvel emprunt forcé auprès des travailleurs – emprunt d’ailleurs tout juste couvert – parce que la politique d’armement coûte de plus en plus cher, et que, capitaliste, socialiste ou communiste, il faut toujours choisir entre le beurre et les canons quand le revenu national ne permet pas de s’offrir les deux. L’arithmétique se soucie peu des régimes.

Or, le coût de l’armement russe augmente si vite qu’il dévore la part qui reviendrait au travailleur. Loin de s’améliorer, le sort de celui-ci s’aggrave ; l’armée prend tout et les usines qui ne sont pas prioritaires ferment parce que les Américains interdisent l’exportation de certaines matières indispensables et aussi parce que la production russe est insuffisante à couvrir les besoins.

Cette situation parait sans issue parce que, comme cela se produit depuis un siècle, le coût des armements augmente beaucoup plus vite que le revenu des nations.

A titre d’exemple notre budget militaire suffit à peine à équiper deux divisions modernes, et ce même budget eut suffi, à conditions monétaires égales, à payer toutes les guerres de Napoléon. La Russie est trop pauvre pour suivre le train très longtemps ; cela est grave.

 

La Querelle avec Tito

On parle d’une réunion secrète du Kominform à Prague à la suite du congrès que les communistes tchécoslovaques y ont tenu. Malenkov y assistait. Depuis, Tass a publié une note d’un style plutôt homérique que diplomatique, où Tito reçoit son dû. Celui-ci en effet, non content de résister à Staline, a réussi à fomenter en Albanie une révolte contre le satellite de Moscou, Hodja. Par ailleurs, l’échange de dures vérités entre les anciens complices a ouvert les yeux à beaucoup de militants dans les autres pays soumis à Moscou, et un jour ou l’autre, une explosion pourrait éclater. C’est ce que l’U.R.S.S. voudrait prévenir, car cela serait grave pour elle et sans doute pour le monde entier.

 

                                                                        CRITON