Criton – 1947-10-18 – La Vie Internationale

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Le Courrier d’Aix – 1947-10-18 – La Vie Internationale.

 

Ebauches d’Alliances 

 

La lutte entre les deux mondes n’a pas que de sombres aspects. Elle vaut à la France en particulier une heureuse émulation des adversaires. 290 millions de dollars du côté américain et la possibilité d’un nouveau blé électoral de la part des Russes. Réjouissons-nous donc.

 

Le Partage de la Palestine

La question palestinienne, avec l’annonce du départ des Anglais, revient au premier plan. Une menace d’abord qui était prévisible : la guerre sainte des pays arabes contre le nouvel état juif, si l’O.N.U. décide le partage de la Palestine entre deux souverainetés, l’une arabe, l’autre juive. Cette menace se traduit par des concentrations militaires du côté syrien. Il est difficile de savoir s’il s’agit d’une manœuvre arabe pour faire pression sur les grandes puissances, ou d’une action concertée des Arabes et des Anglais pour faciliter la tâche de ces derniers. Un résultat est en tous cas atteint. Le terrorisme juif s’est calmé et les représailles anglaises ont cessé. Autre coup de théâtre : L’U.R.S.S. se prononce sous conditions toutefois, pour le partage de la Palestine tout comme les Anglais et les Américains. Les grandes puissances sont donc, ô miracle, d’accord pour une fois. L’U.R.S.S. a agi évidemment pour hâter le départ des Anglais du Proche-Orient et leur enlever tout prétexte à demeurer. Néanmoins deux des satellites, dont la Tchéco-Slovaquie, se sont prononcés en sens contraire. Cette discordance a été très remarquée. Il est possible que d’ici le règlement final, la position russe se modifie. Comme dans toute affaire orientale, la situation est très confuse. Les Anglais ont obtenu jusqu’ici un succès certain, répétant leur manœuvre aux Indes. Ils espèrent tirer leur épingle du jeu sans dommage pour leurs intérêts en Terre Sainte. Ils ont réussi à amener les Etats-Unis, après tant de vains efforts, à prendre position pour le Sionisme et même la Russie !

 

L’Allemagne

La politique anglo-saxonne en Allemagne parait très mal engagée, à la veille de nouvelles discussions avec les Russes ou plus probablement d’une rupture avec eux.

Voici qu’un nouveau programme de démantèlements d’usines s’exécute en zone anglo-américaine. Usines, non de guerre mais de production courante. Les Allemands protestent violemment. On veut, disent-ils, relever notre capacité de production pour que nous puissions payer notre nourriture, et on nous en enlève les moyens en même temps. On veut, les Anglais surtout, supprimer par avance toute concurrence de notre part sur les marchés étrangers ; les Russes nous dépouillent mais les Anglais nous enlèvent toute espérance. On a supposé que les Américains, en publiant la liste finale des démantèlements d’usines allemandes, voulaient en finir avec les réparations, et couper court aux revendications russes pour un prélèvement sur la production courante de l’Allemagne. Quoi qu’il en soit, cette politique incohérente dresse l’opinion des Allemands contre les Anglo-Saxons au moment où la Russie va chercher à créer une Allemagne soviétique. Or, qu’on le veuille ou non, l’attitude des Allemands sera d’une importance primordiale en cas de conflit. Ils le savent bien d’ailleurs, et n’attendent leur résurrection que de la guerre.

 

Un Nouveau Pacte Anti-Komintern

La querelle du Chili et de la Yougoslavie n’était qu’un départ ; l’Argentine a suivi et l’on commence à parler d’une alliance des états de l’Amérique latine contre le communisme. En cas de rupture à l’O.N.U. si les Russes et leurs satellites se retirent (la radio russe dans ses compte-rendu semble bien nous préparer à cet événement), on verrait se constituer une alliance générale contre le bloc slave dont les Etats-Unis prendraient la tête.

 

L’Autriche

La malheureuse Autriche demeure le centre de la lutte des deux blocs. L’U.R.S.S. multiplie les coups de force. Aujourd’hui on saisit une usine ; demain, on enlèvera un archiduc de Habsbourg : hier, quatre chefs de la police viennoise étaient révoqués par le général Kurasof et remplacés par des communistes autrichiens. Le Chancelier Figl ne cède pas ; il proteste. Que faire contre la force ?

 

Allocution Pontificale

C’est seulement par la force, a dit le Pape aux légionnaires américains, que certains ennemis de la Justice peuvent être amenés  à composer. C’est un grand moyen, pourvu qu’elle s’exerce pour une cause légitime. Notre époque, a-t-il ajouté, rappelle l’action de Lépante quand les puissances qui représentaient la civilisation chrétienne se sont unies pour vaincre une colossale menace venue de l’Est.

 

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